Vendredi 19 Mai 2006

Déclaration de la commission des femmes travailleuses à l'occasion du 8 mars


Union Générale des Travailleurs Algériens

COMMISSION NATIONALE DES FEMMES TRAVAILLEUSES


Non à la précarisation qui menace les droits des femmes !

A l’occasion de ce 8 mars 2003, il est nécessaire de faire le point sur les chantiers engagés par le programme d’action issu de la conférence nationale des femmes travailleuses du 17 mars 2002 :

Nous nous réjouissons des promotions de femmes à la SNTF, à Naftal, dans la douane et dans diverses institutions à des responsabilités dont nous étions exclues

- Mais comment obtenir partout un égal accès à la formation et à la promotion à l’heure des départs volontaires quand le marasme économique qui résulte de l’absence d’une politique de développement raréfie les postes intéressants qui permettent la promotion dans la société.

- Mais comment concrétiser l’égalité des droits dans l’entreprise quand l’heure est à la liquidation des entreprises publiques tenues à respecter la législation du travail et que se généralise le travail au noir dans le privé et l’emploi informel qui ne nous garantissent aucun des droits sociaux acquis congé de maternité, heures d’allaitement, l’égalité des salaires,..

Nous apprécions que notre campagne pour la défense de la dignité de la femme travailleuse dans l’entreprise ait pu briser le tabou sur le harcèlement sexuel,

- mais il est plus difficile de se faire respecter quand on est vacataire ou non déclarée

- mais les cas concrets que nous prenons en charge indiquent que le phénomène s’étend avec la peur de perdre son emploi, avec les emplois précaires et la pauvreté

Nous voulions la défense de la promotion des femmes dans la société, et nous sommes dans l’attente d’une refonte de la législation qui consacre l’égalité juridique et la citoyenneté.

- Mais si on continue de liquider l’industrie publique beaucoup seront renvoyées au foyer

- Mais les emplois précaires fréquents dans le privé et les emplois informels qui se développent sont souvent compatibles avec le statut traditionnel des femmes.

Au lendemain du succès éclatant de notre grève générale, nous devons exprimer ce 8 mars, notre protestation contre les répercussions négatives des réformes libérales sur les femmes

Le 8 mars en effet est une journée de lutte dont la tradition a été instituée depuis 1910 par le mouvement des travailleurs en souvenir d’une grève historique d’ouvrières du textile.

Opposées comme tout le peuple au projet de dénationalisation des hydrocarbures, et à la politique de liquidation du secteur public de l’emploi et des acquis sociaux, les femmes ont encore plus à perdre avec la politique libérale et doivent massivement adhérer à l’UGTA et s’en saisir :
- Contre une politique économique qui détruit l’emploi et les entreprises et sème la pauvreté,

- Contre la précarisation généralisée, contre le travail au noir et le travail informel, contre la dépermanisation massive dans la fonction publique où se trouve l’essentiel des travailleuses,

- Pour une stratégie de développement créatrice d’emploi, pour des infrastructures sociales qui permettent de lever les entraves à l’activité professionnelle de la femme,

- Pour des emplois décents, pour des droits sociaux qui nous permettent de défendre notre dignité, et d’imposer l’évolution des pratiques sociales.

Alger, le 1er mars 2003
Mme Salhi Soumia
Présidente de la commission nationale des femmes travailleuses

publié par memopolo2000 dans: aokas
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