Samir REKIK

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Posté le: Mar 25 Avr 2006 - 20:03 |
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Le conseil national d’El Islah accuse
«Djaballah a détourné des fonds»
Impensable ! Le président du parti est aussi accusé d’avoir perçu une aide financière des… brasseries Tango et d’en avoir fait un usage personnel.
Rebondissement dans la crise interne au sein du parti d’El Islah. Alors que l’affaire opposant les deux ailes en conflit et portée en 2004 en justice attend toujours le verdict de la cour, les opposants au président Abadallah Djaballah semblent décidés à en découdre. M. Djaballah utiliser-t-il l’argent du parti à des fins personnelles ? C’est qu’il est aujourd’hui accusé de mauvaise gestion des ressources financières du parti et d’être derrière la dilapidation de sommes colossales. Selon les membres du conseil national qui ont animé une conférence de presse, «Djaballah s’est permis en 2004 de dépenser tout le budget du parti : 1 596 millions de centimes, les aides de l’Etat destinées à nos députés, soit 900 millions de centimes, en plus des cotisations de ces derniers». Dans la plainte déposée contre le président du parti et le trésorier, les redresseurs ont demandé de geler l’activité de M. Djaballah, de geler le compte bancaire du parti et de lui interdire la participation au congrès. «Pour le troisième point, nous sommes rassurés puisque Djaballah n’a pas pris part à notre congrès depuis deux ans», précisera Mohamed Djahid Younsi, secrétaire général du parti. Selon lui, la situation est très grave car elle touche un aspect très sensible que sont les ressources financières qui sont dilapidées par une seule partie et utilisés pour l’achat d’allégeances. «Nous avons introduit, samedi dernier, l’affaire du gel du compte bancaire en référé. La justice va trancher le 10 mai prochain», expliquera t-il.
Le conférencier a dénoncé fortement le fait que la notion de budget n’a jamais existé dans le parti. Ce qui a accusée des retards dans la présentation des bilans financiers à la tutelle suite à la découverte d’une situation d’incompatibilité entre les comptes faits au sein du parti et ceux présentés aux autorités. L’argent d’El Islah a été utilisé pour la publication des livres personnels de M. Djaballah. Des livres commercialisés sur le marché sans aucune marque légale. «Et dire que notre parti n’a jamais eu son propre journal», se révoltera t-il. Le conférencier a indiqué que les militants du parti n’ont jamais été informés de la provenance des dons du parti. «Il a déclaré une seul ressource lorsqu’il a déclaré la perte de cet argent. C’était un don de l’entreprise Tango», précisera t-il.
D’autres révélations faites par le conférencier concernent le fait que Djaballah puisse avoir des revenus annuels substantiels alors qu’il n’a jamais travaillé et n’a bénéficié d’aucun héritage. «Nous avons découvert, par la suite, qu’il a pu décrocher de grands projets d’investissements dans les domaines du médicament et du bois à Skikda et de transport de marchandises à Djelfa. Il a aussi des projets à l’étranger», affirme le SG.
Mohamed Djahid Younsi a dénoncé ainsi «la double casquette de Djaballah». Ce dernier tenait des propos contradictoires concernant tous les sujets d’actualité. «Il dénonçait la coalition présidentielle et disait qu’elle présente un véritable danger alors qu’il a tenté à maintes reprises d’en faire partie. Il a prétendu qu’on lui a proposé le poste de ministre des Affaires religieuses et celui de Chef du gouvernement, il s’est avéré que ce ne sont que des mensonges. Il a dénoncé publiquement la charte et a envoyé, en sous-main, des lettres au président de la République pour lui dire qu’il soutient son projet, lui qui n’a rien apporté à ce projet, au contraire il lui a porté préjudice. Outre la pression sur les députés d’El Islah, Djaballah a adressé des correspondances à des personnalités appartenant aux services de sécurité pour les solliciter. Il faut aussi lui demander pourquoi il a approuvé la décision de l’officialisation de la langue amazigh et surtout combien il a eu en parallèle, lui qui était complètement contre ce principe», a-t-on révélé, hier.
M. Djaballah, selon M. Younsi, n’a pas de projet de société. «Il ne cesse de répéter les mêmes slogans vides de contenu et qui n’apportent rien au peuple ».
Le SG d’El Islah dira enfin que son parti s’est restructuré depuis juillet 2005, date de son dernier congrès. Il a ouvert des bureaux dans toutes les wilayas et installé son conseil consultatif et son bureau national. Il procédera prochainement à l’installation de bureaux dans les communes. Il nous apprend aussi que les travaux de onze ateliers sur les différentes préoccupations nationales ont été lancés et qu’une commission spécialisée s’occupe d’étudier chaque question pour définir la position du parti.
Nouria Bourihane in le Jour d'Algérie du 25/04/06 _________________ « la révolution la plus profonde qu'un pays puisse connaître est celle de l'émancipation de la femme » (Andira Ghandi).
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