Jeudi 27 Avril 2006
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Kafala (adoption)
Enfants abandonnés, un sujet tabou


Quant au placement, qu’il soit national ou étranger, il se fait toujours, indique le DAS de Béjaïa, dans les familles qui ont les moyens d’élever l’enfant dans des conditions sociales, convenables. Les couples candidats à la “kafala” doivent fournir à la DAS un dossier qui comprend notamment la fiche de paie.

La dégradation des conditions sociales, le chômage, le manque cruel de logements qui empêche les jeunes de se marier et de fonder un foyer, la peur du qu’en-dira t-on et surtout les tabous dont la société n’arrive pas à se débarrasser font des enfants issus de couples illégitimes sont dans le meilleur des cas confiés aux bons soins de la pouponnière de l’assistance publique sinon, ils sont purement et simplement abandonnés sur la voie publique ou sur les perrons des institutions caritatives. Il arrive même qu’ils soient étouffés jusqu’à ce que mort s’en suive par leur propre mère dès leur premiers cris. Ensuite les mère en détresse les déposent au fond des poubelles ou les enterrent dans les jardins familiaux.
Les premières victimes de ces drames sociaux dont nul n’est à l’abri, souligne Rahmoune Abderrahmane, directeur de l’action sociale de Béjaïa. Elles souffrent d’avoir eu un moment de faiblesse, d’être mères célibataires et d’avoir à abandonner leur enfant. D’ailleurs la douleur de se séparer de leur enfant est tellement forte que certaines mères célibataires font le choix contre vents et marées d’élever elles-mêmes leur enfant.

Dans ce dernier cas, la DAS, dans la mesure de ses possibilités, vient à leur secours en les aidant à obtenir un logement, un poste d’emploi ou même une pension pour subvenir aux besoins de leur enfant. Dans certains cas, quand le concours de circonstances est favorable, le DAS va jusqu’à trouver le père de l’enfant et arranger le mariage du couple pour que le nouveau-né s’épanouisse dans le giron de ses propres parents.

S’agissant de l’abandon des enfants par leurs mères, après l’accouchement, il y a lieu de noter qu’ils sont de deux sortes : l’abandon provisoire où, alors que l’enfant est déposé à la pouponnière, la mère dispose d’un délai de trois mois pour réfléchir et prendre la décision d’élever son enfant ou de l’abandonner définitivement. Si elle opte pour la deuxième solution, en principe, elle perd le droit de reprendre son fils.

Mais tant que l’enfant n’est pas placé dans une famille d’accueil et qu’il se trouve à la pouponnière, la DAS, qui agit toujours dans l’intérêt de l’enfant, peut permettre à sa mère de le reprendre.
Quant au placement, qu’il soit national ou étranger, il se fait toujours, indique le DAS de Béjaïa, dans les familles qui ont les moyens d’élever l’enfant dans des conditions sociales, convenables. Les couples candidats à la “kafala” doivent fournir à la DAS un dossier qui comprend notamment la fiche de paie. Il subira aussi à domicile une enquête sociale et une enquête psychologique. Une commission se réunit et après étude du dossier, décide de la suite à donner à la demande de kafala. En cas d’avis favorable, le wali de la wilaya signe l’arrêté de placement et la famille récupère “son” enfant. Les demandes de placement à l’étranger ne sont prises en considération que si la famille concernée est de confession musulmane. L’étude du dossier est faite par les services consulaires les plus proches du domicile du demandeur. En cas d’acceptation, le dossier est transmis à la DAS qui prend attache avec la famille pour une visite à l’enfant.

La kafala qui est une disposition de droit algérien, ne permet à l’enfant placé ni d’hériter de la famille d’accueil ni de prendre le nom de celle-ci. Mais pour pallier ces inconvénients, les services de la DAS qui gardent un œil vigilant sur les conditions de vie et d’éducation de l’enfant conseillent à la famille d’accueil de lui établir un acte de donation notarié d’un bien en guise d’héritage. Quant au nom patronymique, même si l’enfant abandonné n’a pas de filiation, la loi autorise cependant que soit porté en marge de son acte de naissance le nom de la famille où il est placé.
Comme pour aider à atténuer les souffrances des enfants abandonnés, M. Rahmoune lance un appel pour “qu’on cesse d’affubler les enfants de X qu’on cesse de les montrer du doigt, pour qu’en cesse d’accuser les mères célibataires qui ne sont que des victimes de la société qui est mal faite”.

B. Mouhoub
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« la révolution la plus profonde qu'un pays puisse connaître est celle de l'émancipation de la femme » (Andira Ghandi).

Samir REKIK
publié par Samir REKIK dans: aokas

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