Lundi 06 Mars 2006

 

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Hadj Slimane Rahmani (1893 — 1964)

"Il faut toujours se méfier des hommages post-mortem", écrit Tahar Djaout
en abordant un témoignage à la mémoire de Kateb Yacine.

Effectivement, il est souvent malséant d'écrire sur un homme qui a déjà rejoint le ciel, de réduire à quelques mots l'œuvre de toute une vie. Mais pour quelqu'un qu'on a occulté et qui reste à nos jours méconnu dans sa ville natale, à l'instar de Rahmani Hadj Slimane, cela relève du devoir de mémoire.

Écrivain algérien, Rahmani Hadj Slimane naquit en février 1893 à Aokas dans la wilaya de Béjaïa. Il fut instituteur de 1910 à 1917 au village d'Aït Amrous, puis professeur d'arabe et de berbère à l'École normale de Bouzarréah et dans différents lycées de l'Algérois jusqu'en 1964, année de son décès.

Docteures-lettres agrégé de l'université d'Aix (Marseille) en 1954, il obtint auparavant (entre 1936 et 1940) un diplôme en langue berbère et une certification d'études supérieures en langue et littérature arabes.

Membre actif au sein de la société historique algérienne depuis 1934, il fut également président d'un cercle littéraire international et participa aux différents congrès organisés par la fédération des sociétés de l'Afrique du Nord, dont notamment ceux tenus à Venise (Italie) en 1949 et à Vienne (Autriche) en 1952.

Par ailleurs, ses travaux ethnologiques et sociologiques sur les populations du bassin Oued Mersa (Béjaïa) lui valurent, en 1942, le prix littéraire d'Algérie. Ses publications et les synthèses de ses recherches constituent un riche répertoire d'études sérieuses. Citons :

- Recueil de notes et mémoires de la société archéologique, historique et géologique du département de Constantine (1933) ;

- Coutumes et labours chez les Aït Amrous (1933) ;

- Le mois de mai chez les Kabyles (1935) ;

- Rites relatifs à la vache et au lait (1935) ;

- La grossesse et la naissance chez la population de Cap Aokas (1937) ;

- L'enfant chez les Kabyles jusqu'à la circoncision (1938) ;

- Le mariage chez les Kabyles de Cap Aokas (1939) ;

- Le divorce chez les Kabyles (1940) ;

- Le tir à la cible et le "nif" en Kabylie (1949).


Oubliées, les œuvres écrites de Rahmani Hadj Slimane restent, à nos jours, peu connues et il n'y a que de timides écrits le concernant. N'y a-t-il pas suffisamment de volonté pour prendre l'initiative de rééditer sa contribution, si riche et si variée, pour orner nos bibliothèques d'un aussi pacifique patrimoine littéraire ?

Une association locale portant son nom est à pied d'œuvre depuis quelques années et lutte contre vents et marrées pour que la plume de Rahmani Hadj Slimane parle éternellement de tous ceux que l'on maintient sous la loi du silence. Est-ce suffisant pour conjurer l'omerta ?

Sources:

Le Matin N° 2784 (Amghar Kamal)
ABC Amazigh N° 35 (Mohand Ouramdane Larab)

publié par Kassof dans: Histoire d'Aokas
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