Samedi 25 Février 2006
 
Le lévirat … kabyle :
Une polygamie qui ne dit pas son nom ?



Dans les dictionnaires, le lévirat est défini comme un nom masculin, religieux ou ethnologique, désignant une coutume des patriarches hébreux, codifiée par Moïse, selon laquelle le frère d’un homme mort sans enfants devrait en épouser la veuve.

Qu’en – est – il du lévirat kabyle ?
En Kabylie, le lévirat est un type particulier de mariage où une veuve épouse le frère du défunt, afin de continuer la famille de ce dernier. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari.

Dans les autres régions de l’Algérie, cette pratique du lévirat est inexistante du fait que rien ne fait mention dans le coran. Elle n’est prescrite que par la bible : « Si deux frères vivent ensemble sur le même domaine et que l’un deux meure sans avoir de fils, sa veuve ne doit pas épouser quelqu’un d’extérieur à la famille. C’est son beau – frère qui exercera son devoir envers elle en la prenant pour épouse. Le premier fils qu’elle mettra au monde sera alors considéré comme le fils de celui qui est mort, afin que son nom continue d’être porté … » Deutéronome 24 – 25.

Dans la Kabylie en question, le lévirat est exercé à Tizi – Ouzou, Bejaia et Bouira.

Le Burkina faso, le Togo, l’Israël, certaines communautés de Tchad … le Bénin (pays d’Afrique de l’Ouest) l’a aboli, en même temps que la polygamie en 2004. Par contre, en Egypte, le lévirat a été pratiqué durant l’antiquité par les Phéniciens.

Cependant, la question fondamentale demeure : Le lévirat est – il bon ou mauvais ?
La bible soutient que le lévirat est une coutume qui permet aux veuves de trouver un soutien économique perdu avec la mort du conjoint et les protège de la prostitution …

Le coran n’est ni pour ni contre, cette coutume est, souvent, combinée avec la polygamie.

Le code algérien de la famille ne dit rien. En Kabylie, cette pratique n’a jamais été débattue … tradition oblige !

Certaines campagnes de prévention du sida, en Afrique ; Kabylie comprise, stigmatisent la pratique du lévirat en indiquant que celle – ci favorise la propagation de la maladie. Outre, le fait que cela n’est pas vrai sur le plan épidémiologique, certains auteurs font remarquer que la pratique du lévirat est la seule mesure de protection sociale dont bénéficient les veuves dans ces pays, et qu’il n’est pas forcement bien venu de lutter contre cette pratique sans en remplacer l’aspect social …

Le débat est ouvert
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« la révolution la plus profonde qu'un pays puisse connaître est celle de l'émancipation de la femme » (Andira Ghandi).

Samir REKIK
publié par Samir Rekik dans: aokas

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