Au bout de sept ans de recherche, le docteur SAÏBI, chercheur indépendant, affirme avoir abouti à des conclusions qui remettent en cause bien des théories et enseignement précédents en matière de langues et de linguistique.
Il affirme, que la langue amazighe « est la langue mère de toutes les langues », il compte rendre public le contenu de ses recherches et conclusions dans un avenir proche, mais il sait, déjà, que sa théorie sera lourde de sens.
Parce qu’il ne faut jamais condamner quelqu’un sans l’avoir entendu, Kabyle.com s’est rapproché du docteur SAÏBI et a eu avec lui l’entretien qui suit, dommage que, pour des raisons de confidentialité apparentes, il n’a pas pu aller au fond des choses.
Kabyle.com : Pour commencer qui est M. SAÏBI ?
Dr SAÏBI : Je suis un Algérien demeurant en France depuis 1971, militant de la cause amazighe au sein de l’Académie Berbère, que j’ai co-dirigée, et réfugié politique depuis 1974 à nos jours.
Après une thèse de doctorat en sociologie, je me suis consacré, entre autre, à des recherches et à des études dans des domaines divers et variés : civilisations, langues, religions, mental humain et évidemment, au premier chef, je placerai l’amazighité.
Je suis aussi écrivain avec trois ouvrages publiés, conférencier, spécialiste en communication et sportif, de haut niveau, diplômé du Japon, j’ai participé, en qualité d’officiel et d’athlète, aux championnats méditerranéens de karaté, en 1977, et aux championnats du monde en 1980.
Pour finir, je suis inventeur, médaillé du concours « Lépine », mon nom est mentionné dans le livre mondial des inventions.
Vous venez de défrayer la chronique en annonçant une découverte révolutionnaire, parlez-nous-en ?
Comme vous l’avez appris effectivement l’annonce que Tamazight est la langue mère de toutes les langues ne peut que surprendre, choquer et enthousiasmer. Ceci s’explique, facilement, par le fait du statut pratiquement dégradant assigné à cette langue et culture depuis toujours.
Cette découverte est révolutionnaire par plusieurs aspects, je pourrai en citer plusieurs, comme le fait que la recherche scientifique n’a jamais abouti à identifier une langue mère, le fait que ce soit Tamazight, que ce soit la découverte d’un chercheur indépendant, que cela remette en question la domination de langues connues et reconnues... etc.
Comment êtes-vous arrivé à une telle découverte ?
Depuis l’âge de 17ans, Tamazight m’a, à la fois, occupé et préoccupé. Depuis 1971, je n’ai cessé de m’interroger, sans délaisser d’autres domaines de recherche, ce qui m’a certainement beaucoup aidé à aboutir à la découverte de la langue mère. A vrai dire, je n’avais pas posé comme hypothèse de départ d’aboutir à ce résultat, c’est progressivement que j’y suis arrivé.
Vos recherches ont-elles une base scientifique ?
Mes recherches sont fondées certes sur une démarche scientifique, puisqu’elles reposent, essentiellement, sur la sémantique et l’étymologie. Mais elles n’ont rien à avoir d’une démarche universitaire classique puisqu’elles ne profitent pas du tout du savoir universitaire classique, par exemple, je ne citerai (lors de la publication des recherches, NDLR) aucun nom de chercheurs ayant travaillé de près ou de loin la question.
Comment vos recherches se sont-elles déroulées et combien de temps ont-elles pris ?
Elles se sont étalées sur sept ans dans des conditions de santé catastrophiques, mais je peux avancer que c’est grâce à cette découverte, que je voulais mener à son terme, que j’ai peut-être pu survivre, car elles ont été, tout de même, commencées il y a fort longtemps !
Savez-vous qu’une telle affirmation remet en cause bien des enseignements et théories antérieures, n’avez-vous pas peur de vous attirer les foudres de certains linguistes, et êtes-vous prêt à les assumer ?
J’affirme certes, mais je démontre par la suite ce que j’affirme. Que cela remette en cause des enseignements et théories antérieures, c’est le propre de la recherche scientifique, que je sache !
Il est évident que cela en bousculera plus d’un pour plusieurs raisons que vous pouvez soupçonner aisément. Si je suis dans le vrai, c’est plutôt à cette catégorie de chercheurs d’assumer cette découverte.
Ce travail est-il le fruit d’un travail d’équipe ou est-il strictement personnel ?
La question m’a déjà été posée à maintes reprises, ceci est le travail d’une personne et parfois dans les pires difficultés qui puissent exister. Après tout et malgré cela, cette découverte n’a rien de sorcier, il suffisait de regarder les choses avec un oeil neuf, sans à priori, mais avec de la ténacité et beaucoup de convictions.
Peut-on savoir les motivations qui vous ont poussé à entreprendre ces recherches ?
La curiosité du chercheur, le fait que je sois Amazigh et convaincu de mon amazighité, mais la raison principale c’est la souffrance d’un peuple, nié dans son être, peuple dont je fais partie. La dimension atteinte par la question, devenue pratiquement planétaire, m’amène à penser que c’est aussi pour une cause qui concerne toute l’humanité, à laquelle j’appartiens aussi.
Historiquement, à quelle période situez-vous cet état d’unicité linguistique ?
Aujourd’hui on peut toujours parler d’unicité linguistique à l’échelle du monde car d’après le résultat de mes recherches, nous parlons, pratiquement tous, cette langue d’origine. Cette impression de divergence dans les langues n’est pas si ancienne que cela.
Il est difficile de la dater avec précision, plusieurs paramètres entrant en ligne de compte, comme le lien géographique, la civilisation développée, l’établissement de cultures dominantes, l’accent, le travail des spécialistes en histoire, en linguistique, en civilisation, l’éloignement des groupes humains les uns des autres et d’autres éléments encore ont contribué à forger des différences linguistiques rendant imperméable la communication.
Quand et comment comptez-vous rendre public le contenu de vos recherches et surtout de vos conclusions ?
Un livre est en préparation pour rendre public le résultat général de mes recherches. D’autres livres prendront le relais, je l’espère, qui détailleront quelques-unes des langues et cultures dominantes actuelles. Après la publication de mes recherches, j’attendrais que l’on me démontre que je fais fausse route.
Pour l’aboutissement de mes recherches dans les meilleures conditions, il y a nécessité d’un accompagnement financier, dans cette optique, je suis prêt à rencontrer toute personne qui serait intéressée par ce projet.
Je vous remercie chaleureusement pour l’intérêt que vous portez à mes recherches, votre soutien est très important, je l’apprécie beaucoup.
Pour Kabyle.com – Rédaction de Tizi Ouzou – 11 février 2006
Entretien et transcription : Djamel B. (Rédaction de Tizi Ouzou)




