Darguina, une commune où beaucoup reste à faire
Voyage a l'intérieur des communes
La commune de Darguina ou Iderguinene en kabyle, fondée en 1957 après la dissolution des communes mixtes de Oued Marsa et Takitount, est distante de 45 km du chef lieu de la wilaya de Bgayet. Elle est limitée du nord par les communes de Souk El Tenine et Melbou, à l'ouest par la commune de Taskriout, à l'est par les communes de Tamridjet et la commune Babors (wilaya de Setif) et au sud par la commune de Kherrata. La commune de Darguina a une population de 14000 habitants pour une superficie de 85.53km2 Selon une source locale, l'appellation Iderguinene vient du nom de famille du premier habitant d'un hameau qui est «Derguini» Le relief de la commune Iderguinen est très accidenté du fait de sa proximité de la chaîne montagneuse «les Babors», une petite montagne qui tire son nom de la chaîne montagneuse qui s'appelle «Tababort». Les grands villages qui composent la commune Iderguinene sont : Ait Felkai, Ighzer ouftis, Ait Atik, Tadergount, Ait Boudjit, Ait Anane, Akabaou et Saadane. Le mont le plus culminant de la commune est «Adrar Amelal» et les principaux oueds (issafen) sont : Ighzer ouftis et Assif Agrioun.
Le chômage, le problème majeur des jeunes
En sillonnant les différents villages et quartiers de la commune de Darguina, on a constaté que la plus part des jeunes sont sans emploi. Tous les jeunes qu'on a rencontrés à Ait Anane, Ait Felkai et à Darguina-centre, nous parlent d'une seule voix «on veut travailler» ou encore «Est-il un crime dans notre pays de vouloir travailler ?». Sur ce volet, le P/APC de Darguina, Mr Bektache Madjid, nous dira : «le chômage dans notre commune est estimé à 25%. Nous pensons créer une zone d'activité au niveau de la commune de Darguina, des démarches sont déjà entreprises pour la distraction d'un terrain forestier. Cette zone d'activité est la seule option pour créer l'activité économique au niveau de notre commune. On souhaite aussi relancer l'exploitation de la mine «Ighil Oudrar» qui pourrait générer la création de beaucoup d'emploi et aussi des revenus considérables pour la commune»
L'oisiveté est la mère de tous les vices...
Les ressources familiales sont de plus en plus dégressives et il ne reste plus que quelques entrées de salaires de petits boulots. Dans un contexte de crise durable où le nombre de chômeurs augmente, l'argent va manquer pour continuer à payer le prix du silence. D'autant que, les nouvelles catégories touchées, les cadres confirmés et les jeunes diplômés, devraient être mieux armées pour faire entendre leur colère. Pour B. Djamel, la trentaine, ingénieur, rencontré dans un café à Ait Boudjit : «le chômage est un phénomène très grave. Ici il y a des personnes dépassant, parfois, la quarantaine, qui n'ont jamais travaillé de leur vie, même pas un jour, des jeunes qui ne peuvent même pas de quoi se payer un café.» Pour N. Hamid, enseignant, rencontré à Ait Anane : «Le chômage ? C'est tout simplement indigne pour l'humain !!!!! »
Les décharges sauvages pullulent
A l'instar des communes qu'on a visitées, la commune de Darguina ne fait pas exception. Les décharges sauvages sont partout. Nous nous sommes rapprochés du premier magistrat de la commune pour savoir ce que projette la municipalité à l'effet de parer à ce problème qui est un danger permanent pour la santé publique et pour l'environnement. Pour le P/APC, «la décharge publique est un véritable casse-tête à Darguina ». «Nous sommes confrontés à un problème de site qui pourrait abriter une décharge. Il y a aussi l'opposition des citoyens à chaque fois qu'on propose un site pour cela. On est entre le marteau et l'enclume», a-t-il indiqué.
Ait Felkai, un village isolé et oublié
Ait Felkai, un village d'environ 500 âmes situé à 12 km du chef lieu de la commune, est le plus reculé et le plus isolé de la commune. Ce qui complique d'avantage la situation de ses habitants est l'état lamentable et très déplorable de la route le reliant au chef-lieu communal. Nous avons appris auprès du Président d'APC que deux opérations de réfection et de revêtement du chemin communal reliant Ait Felkai au chef-lieu de la commune sont inscrites. «On espère que ces opérations, dira M. Bektache Madjid, encourageront le privé à investir dans le transport, ce qui aidera à désenclaver ce village».
Cité Saadane, illicite pour les pouvoirs publics
Pour les pouvoirs publics, la Cité Saadane est illicite. Que pense le président de l'Association de ladite Cité, Mr Saiche Ahmed ? «Notre cité a été construite après le séisme de 1974 qui a fortement secoué notre région. La cité Saadane était une cité de recasement. Notre plus grand problème est que les pouvoirs publics considèrent notre cité comme étant illicite, on demande avec insistance la régularisation de notre situation qui dure encore depuis des décennies», explique notre interlocuteur. De son côté, le premier responsable de la commune dira : «il n'y a qu'une seule solution pour régler le problème de la cité Saadane, à savoir la distraction du terrain d'assiette de cette cité du terrain forestier et l'intégrer dans les réserves foncières communales pour pouvoir établir des actes individuels».
Sports et loisirs : beaucoup reste à faire
L'Association des activités des jeunes (AAJ), la seule association la plus active de la commune est à l'arrêt actuellement. A en croire son président, Mr. Bektache Lounis, cette association attend l'ouverture du Complexe sportif de proximité (CSP), car, dit-il, «l'ancienne maison de jeunes est transformée en auberge». Le club de volley-Ball qui faisait, jadis, la fierté du sport à Darguina, n'existe plus actuellement. Pour Boumezouad Lyazid, président du comité directeur du CRB Darguina : «le club a été dissous suite à de graves problèmes financiers. De division 2 (D2) à la disparition ! ». Pour ce qui est du football à Darguina, notre interlocuteur dira : «le CRB Darguina est crée dans les années 80 toutes les catégories engageaient, le club de football a réussi à accéder jusqu'à en division régionale. Faute de moyens financiers, le club est dissous la saison 2003-2004. A partir de cette date, le CRBD était complètement à l'arrêt jusqu'à la saison 2006-2007 où on a décidé de revivre le club. Nous avons engagé 3 catégories (minimes, cadets et juniors)».
Le centre culturel, Matoub Lounes, à l'abandon
Un centre culturel portant le nom de Matoub Lounes avait été inscrit en 1993, par l'APC de l'époque dont les travaux ont démarré en 1994 sous l'égide de la DEC (délégation élective communale). L'enveloppe qui lui a été allouée était de l'ordre de 150 millions de centimes. Le projet a été abandonné sans être achevé. En 1998, une enveloppe de 1 milliard de centimes dans le cadre du PCD lui a été allouée dans le but d'achever ledit projet. L'actuel P/APC de Darguina nous informe qu'«avant même l'achèvement des travaux, on a entamé les démarches pour baptiser cet édifice cultuel, sur délibération de le l'Assemblée de l'époque, on a choisi de le baptiser au nom de Matoub Lounes». Notre interlocuteur ajoute : «le centre culturel Matoub Lounes est inauguré le 20/08/2002, mais les services de wilaya n'ont pas encore approuvé cette appellation à cause d'une pétition signée par un groupe de moudjahidine et de fils de chahids contestant cette appellation. Le bras de fer persiste encore entre l'APC et les services de wilaya». Depuis quelques temps, ce centre est affecté par l'APC de Darguina à la direction de la culture de la wilaya de Bgayet. Malheureusement, il est abandonné faute de personnels. Pour la vie culturelle, en générale, il y a lieu de souligner que la commune de Darguina est surtout connue pour son école de musique, dont le groupe «Iwaziwen» est un pur produit de cette école.
Le chômage, le problème majeur des jeunes
En sillonnant les différents villages et quartiers de la commune de Darguina, on a constaté que la plus part des jeunes sont sans emploi. Tous les jeunes qu'on a rencontrés à Ait Anane, Ait Felkai et à Darguina-centre, nous parlent d'une seule voix «on veut travailler» ou encore «Est-il un crime dans notre pays de vouloir travailler ?». Sur ce volet, le P/APC de Darguina, Mr Bektache Madjid, nous dira : «le chômage dans notre commune est estimé à 25%. Nous pensons créer une zone d'activité au niveau de la commune de Darguina, des démarches sont déjà entreprises pour la distraction d'un terrain forestier. Cette zone d'activité est la seule option pour créer l'activité économique au niveau de notre commune. On souhaite aussi relancer l'exploitation de la mine «Ighil Oudrar» qui pourrait générer la création de beaucoup d'emploi et aussi des revenus considérables pour la commune»
L'oisiveté est la mère de tous les vices...
Les ressources familiales sont de plus en plus dégressives et il ne reste plus que quelques entrées de salaires de petits boulots. Dans un contexte de crise durable où le nombre de chômeurs augmente, l'argent va manquer pour continuer à payer le prix du silence. D'autant que, les nouvelles catégories touchées, les cadres confirmés et les jeunes diplômés, devraient être mieux armées pour faire entendre leur colère. Pour B. Djamel, la trentaine, ingénieur, rencontré dans un café à Ait Boudjit : «le chômage est un phénomène très grave. Ici il y a des personnes dépassant, parfois, la quarantaine, qui n'ont jamais travaillé de leur vie, même pas un jour, des jeunes qui ne peuvent même pas de quoi se payer un café.» Pour N. Hamid, enseignant, rencontré à Ait Anane : «Le chômage ? C'est tout simplement indigne pour l'humain !!!!! »
Les décharges sauvages pullulent
A l'instar des communes qu'on a visitées, la commune de Darguina ne fait pas exception. Les décharges sauvages sont partout. Nous nous sommes rapprochés du premier magistrat de la commune pour savoir ce que projette la municipalité à l'effet de parer à ce problème qui est un danger permanent pour la santé publique et pour l'environnement. Pour le P/APC, «la décharge publique est un véritable casse-tête à Darguina ». «Nous sommes confrontés à un problème de site qui pourrait abriter une décharge. Il y a aussi l'opposition des citoyens à chaque fois qu'on propose un site pour cela. On est entre le marteau et l'enclume», a-t-il indiqué.
Ait Felkai, un village isolé et oublié
Ait Felkai, un village d'environ 500 âmes situé à 12 km du chef lieu de la commune, est le plus reculé et le plus isolé de la commune. Ce qui complique d'avantage la situation de ses habitants est l'état lamentable et très déplorable de la route le reliant au chef-lieu communal. Nous avons appris auprès du Président d'APC que deux opérations de réfection et de revêtement du chemin communal reliant Ait Felkai au chef-lieu de la commune sont inscrites. «On espère que ces opérations, dira M. Bektache Madjid, encourageront le privé à investir dans le transport, ce qui aidera à désenclaver ce village».
Cité Saadane, illicite pour les pouvoirs publics
Pour les pouvoirs publics, la Cité Saadane est illicite. Que pense le président de l'Association de ladite Cité, Mr Saiche Ahmed ? «Notre cité a été construite après le séisme de 1974 qui a fortement secoué notre région. La cité Saadane était une cité de recasement. Notre plus grand problème est que les pouvoirs publics considèrent notre cité comme étant illicite, on demande avec insistance la régularisation de notre situation qui dure encore depuis des décennies», explique notre interlocuteur. De son côté, le premier responsable de la commune dira : «il n'y a qu'une seule solution pour régler le problème de la cité Saadane, à savoir la distraction du terrain d'assiette de cette cité du terrain forestier et l'intégrer dans les réserves foncières communales pour pouvoir établir des actes individuels».
Sports et loisirs : beaucoup reste à faire
L'Association des activités des jeunes (AAJ), la seule association la plus active de la commune est à l'arrêt actuellement. A en croire son président, Mr. Bektache Lounis, cette association attend l'ouverture du Complexe sportif de proximité (CSP), car, dit-il, «l'ancienne maison de jeunes est transformée en auberge». Le club de volley-Ball qui faisait, jadis, la fierté du sport à Darguina, n'existe plus actuellement. Pour Boumezouad Lyazid, président du comité directeur du CRB Darguina : «le club a été dissous suite à de graves problèmes financiers. De division 2 (D2) à la disparition ! ». Pour ce qui est du football à Darguina, notre interlocuteur dira : «le CRB Darguina est crée dans les années 80 toutes les catégories engageaient, le club de football a réussi à accéder jusqu'à en division régionale. Faute de moyens financiers, le club est dissous la saison 2003-2004. A partir de cette date, le CRBD était complètement à l'arrêt jusqu'à la saison 2006-2007 où on a décidé de revivre le club. Nous avons engagé 3 catégories (minimes, cadets et juniors)».
Le centre culturel, Matoub Lounes, à l'abandon
Un centre culturel portant le nom de Matoub Lounes avait été inscrit en 1993, par l'APC de l'époque dont les travaux ont démarré en 1994 sous l'égide de la DEC (délégation élective communale). L'enveloppe qui lui a été allouée était de l'ordre de 150 millions de centimes. Le projet a été abandonné sans être achevé. En 1998, une enveloppe de 1 milliard de centimes dans le cadre du PCD lui a été allouée dans le but d'achever ledit projet. L'actuel P/APC de Darguina nous informe qu'«avant même l'achèvement des travaux, on a entamé les démarches pour baptiser cet édifice cultuel, sur délibération de le l'Assemblée de l'époque, on a choisi de le baptiser au nom de Matoub Lounes». Notre interlocuteur ajoute : «le centre culturel Matoub Lounes est inauguré le 20/08/2002, mais les services de wilaya n'ont pas encore approuvé cette appellation à cause d'une pétition signée par un groupe de moudjahidine et de fils de chahids contestant cette appellation. Le bras de fer persiste encore entre l'APC et les services de wilaya». Depuis quelques temps, ce centre est affecté par l'APC de Darguina à la direction de la culture de la wilaya de Bgayet. Malheureusement, il est abandonné faute de personnels. Pour la vie culturelle, en générale, il y a lieu de souligner que la commune de Darguina est surtout connue pour son école de musique, dont le groupe «Iwaziwen» est un pur produit de cette école.
Lundi 12 Février 2007
Reportage réalisé par Hafit Zaouche
publié par Hafit Zaouche dans: aokas




