Entretien Allouti Mokhtar, président de l'Assemblée populaire communale de Melbou : «Notre ambition est de créer des emplois dignes, stables et durables»
Bio express du P/APC de melbou Allouti Mokhtar né le 13/09/1951 à Melbou. Militant du RCD depuis sa création en 1989, il a occupé le poste de président de l'APC de Melbou de 1990 à 1992. Cet ingénieur d'agronomie appliquée, a travaillé comme : délégué d'agriculture de la Daira de Bgayet de 1978 à 1982, directeur du secteur de développement agricole de Bgayet de 1982 à 1984, cadre au niveau de la DSA (direction des services agricoles) de Bgayet de 1984 à 1988, délégué de l'agriculture Daira de Kherrata de 1988 à 1990, puis commune Souk El Tenine de 1992 à 2005.
Racines-Izuran : Melbou est une région à vocation touristique, mais elle est dépourvue d'infrastructures. Qu'avez vous à dire sur ce volet ? Allouti Mokhtar : Melbou est une très belle commune mais, hélas, le tourisme dans notre localité connaît un développement timide. Les infrastructures touristiques à Melbou se résument à un seul complexe «El Djerf Addahabi» et trois hôtels privés. La capacité d'hébergement existante est loin de satisfaire la demande. Pouvez-vous nous parler des perspectives de développement de ce secteur touristique au niveau de votre commune à l'avenir ? En 1991, on a lancé le principe de réalisation de la ZAT «zone d'activité touristique», où un ensemble d'équipements à caractère touristique était prévu. Cette ZAT permettra de combler le vide existant dans le domaine, mais malheureusement le dossier traîne toujours. Je tiens à vous signaler que les études d'aménagements sont faites, le transfert de terrain est fait, le permis de lotir est établi. Ce qui reste est l'exécution ou le lancement de cette ZAT par les services concernés. Nous voulons aussi explorer les nombreux sites que compte notre commune, surtout dans la région montagneuse, je peux citer Tassafsaft, cascade, Bouhaloumen, Gar Idurar,... Par contre, il est à signaler qu'il n'y a aucune évolution concrète pour le projet ZET (zone d'extension touristique). Malgré les 12 km de cote, la pêche reste toujours insignifiante à Melbou… Une plage d'échouage a été réalisée au niveau des falaises, cette plage fera sûrement le bonheur des adhérents de l'association de pêcheurs, nouvellement créée. La direction concernée doit se pencher et trouver une solution qui facilitera l'accès à cette plage d'échouage. De même pour le volet socio économique de la commune. Y a-t-il des perspectives d'investissements ? Nous avons voté le principe de réviser le PDAU pour inclure une zone d'activité pour permettre l'implantation de petites et moyennes entreprises, afin de combler le manque flagrant de cette activité dans notre commune Qu'avez-vous entrepris pour l'amélioration de l'état des routes au niveau de votre localité ? D'une manière générale, le tissu routier de la commune sera à la mesure des attentes de nos citoyens une fois les projets de revêtements et d'aménagements en cours seront achevés. Deux localités méritent une attention particulière dans les prochaines propositions du PCD, à savoir Taremant et Ait Aziza. Pour désenclaver ces deux dernières localités, nous avons réceptionné les pistes suivantes : - Tikheribine-Boulzazene (1km), la 2ème tranche du projet Sahel-El Djenane sur 1.2 km et la 3ème tranche El Djenane-Tisert (RN43) vient d'ère lancée, la piste tarikht sur 2km, la piste Tizi El oued, lancée mais arrêtée en raison du passage de gaz de ville. L'avis d'offre national et international a été lancé pour le projet (RN43), l'ouverture des plis a eu lieu, il reste le jugement des plis. Les travaux de traitement des points noirs de la déviation de la RN43 (Tikhribine-Tassafsaft-Tiksert) sont en cours. L'éventualité d'une amélioration de ce tronçon est en cours d'étude. - le tronçon Tizi El oued-Bouhiane sera aménagé dans le projet Tizi El Oued-Laalam, ce projet est inscrit en sectoriel. Le tronçon Tizi El Oued-Zentout en passant par Bouhaloumen est inscrit aussi en sectoriel. En prévision de la saison hivernale, une opération d'entretien et de nettoyage des pistes est lancée. Qu'en est-il du réseau d'assainissement ? Melbou centre n'est toujours pas assainie à ce jour. Le réseau en place n'est pas fonctionnel en raison des travaux d'infrastructures non terminés (station de relevage, station d'épuration inter-communale). Le fait que les citoyens ont branché leurs égouts à un réseau qui n'est pas encore opérationnel, nous a contraint de construire deux puits filtrants pour récupérer les déchets, en attendant le parachèvement du réseau qui réglera définitivement le problème d'assainissement au centre ville de Melbou. Pour les autres quartiers, les localités non assainies sont : Tamrzaght, Sahel, El Djenane, Bouhefane, Tarikht. Pour l'exercice 2006, nous avons réalisé une extension de l'assainissement à «Tahmilt», ce projet n'est pas finalisé en raison d'insuffisance de l'enveloppe budgétaire allouée, une réévaluation est en cours. Un nouveau bassin est inscrit par la direction de l'hydraulique à Tizi El Oued en raison du colmatage du bassin de décantation existant. Les travaux démarreront ultérieurement. Qu'en est-il de l'électrification et de l'alimentation en gaz de ville ? Trois projets d'électrification concernant Tahmilt, Boulzazene et Melbou-centre sont en cours de réalisation. Après l'achèvement de ces trois projets, la commune atteindra un taux d'électrification d'environ 99%. Pour le gaz de ville, les réseaux de distributions seront lancés incessamment pour Melbou centre et Tizi El Oued avec extension sur Boulzazene, Ahrik et Tahmilt. Pour ce qui est des autres localités, des propositions ont été formulées. Pour l'éclairage public, en plus de l'entretien du réseau existant, nous avons réalisé un réseau neuf, spéciale plage pour 160 millions de centimes. Nous allons lancer aussi un projet de 150 millions de centimes pour éclairer nos différentes localités. Certains villages souffrent toujours du problème d'alimentation en eau potable. Qu'avez-vous envisagé pour remédier à cette situation ? Effectivement les localités d'El Djenane, Sahel, Tassafsaft, Boulzazene et Tarikht souffrent du problème d'eau potable. Une étude a été réalisée par les services concernés. Malheureusement pour ces localités, l'inscription sur le programme de rattrapage au niveau de la direction de l'hydraulique est intervenue enfin 2006. Signalons que le dernier séisme de Laalam a été néfaste pour Boulzazene qui a vu son captage tari complètement. Malgré la réalisation d'un renforcement du château d'eau (Msaada) qui alimente la ville de Bejaia, le problème d'une grande partie de la population de Boulzazene persiste, ils s'alimentent quotidiennement en citernes que la commune leurs envoie. Dans le cadre du renforcement du réseau existant, la localité de «Tahmilt» a bénéficié d'un tronçon de 2.4Km qui a touché une trentaine de familles dépourvues d'eau potable auparavant. Des travaux de captages sont en cours dans le cadre du renforcement du réseau AEP à Tassafsaft Pour Melbou-centre, le réseau de refoulement et de distribution est en acier et construit sur un terrain marécageux. Ce qui provoque des corrosions sur les conduites, Cela nécessite des interventions périodiques pour réparer les éclatements des conduites. Ces érosions affectent la qualité de l'eau distribuée. Un programme de rénovation de ce réseau est en cours de discussion avec la direction de l'hydraulique de wilaya. Un projet de réalisation d'un château d'eau à Sahel est en cours de consultations, deux projets de rénovation des conduites de distributions sont inscrits, le projet Tizi El Oued-Ahrik sera réceptionné bientôt. Par contre, le projet de la conduite de refoulement : Tizi El Oued- château d'eau sur 300m, n'a pas pu démarrer en raison de l'insuffisance de l'enveloppe budgétaire allouée. Une réévaluation est en cours. Pour les infrastructures éducatives, est ce que votre commune est suffisamment équipée ? Nous avons 8 écoles primaires dont une fermée à Sahel à cause du manque d'élèves. On a aussi 2 CEM et 1 lycée. Pour les écoles primaires, trois sont surchargées, les autres écoles sont plus au moins aérées ou presque vides. Sur les 8 écoles opérationnelles, seules 2 ne possèdent pas de cantines scolaires. Vu la faiblesse des moyens financiers de la commune, l'entretien des écoles primaires devient de plus en plus difficile. En dépit de cette situation, des efforts considérables sont consentis quotidiennement pour pallier au plus urgent. Pour les CEM, aucun d'entre eux n'est construit au niveau des centres urbains, quoique dotés de cantines scolaires, l'éloignement ne permet pas la surveillance parentale des enfants, ce qui ne garantit ni la sécurité, ni les résultas scolaires. Une fiche technique a été établie depuis des années pour construire une clôture de sécurité en béton au niveau de l'école primaire de Melbou-centre cette école est souvent submergée par des vagues surtout en hiver. On a relancé le projet. Pour assurer le ramassage scolaire, nous avons actuellement un bus qui assure la liaison Tizi El Oued-Melbou centre. Nous allons réceptionner avant de l'année en cours un bus de 36 places et un autre début janvier 2007. Le déficit sera comblé grâce au partenariat avec le secteur privé, une fois les subventions de la wilaya nous parviendront. Pouvez-vous nous parler du secteur de la jeunesse et des sports à Melbou ? Étant une commune nouvelle, Melbou manque d'infrastructures sportives. Notre commune possède 1 stade communal, 1 stade de proximité, 4 aires de jeux aménagées tout récemment. Il existe dans notre commune 4 associations sportives agréées (Karaté Do, football, athlétisme, arts martiaux). Un grand effort reste à faire dans ce domaine. On vient de recevoir la 1ère partie de la maison de jeunes, la deuxième partie (salle des fêtes) est en cours de réalisation, sa réception est prévue au plus tard avril 2007. On compte aussi construire une bibliothèque communale, le choix du terrain est fait, on attend le lancement des travaux. On a proposé aussi la création de 4 terrains de proximité afin de réhabiliter les différents sites d'habitat. On a proposé aussi la création de 2 médiathèques Un camp de jeune international sur 7 hectares est en cours de réalisation. Il comportera les équipements suivants : auberge de jeunes de 300 lits, 1 théâtre de verdure, 1 piscine, terrains de sports, camps de toiles. Ce projet sera une véritable aubaine pour toute la région. Le secteur du logement est celui qui pose le plus de problèmes au niveau national. Quels sont les projets réalisés dans ce domaine à Melbou ? Il faut signaler que la politique de logements menée jusqu'à présent n'est pas cohérente vis-à-vis des besoins des citoyens de Melbou. La promotion immobilière qui a réalisé les 190 logements n'a fait que des résidences secondaires pour les vacanciers, ce qui est une véritable perte de terrain pour rien, c'est un véritable désastre ! Nous avons 104 logements promotionnels EPLF qui sont en cours de réalisation, des négociations sont entamées avec l'EPLF pour trouver une formule adéquate pour faire bénéficier le maximum de nos citoyens. Le reste c'est un programme LSP (logements sociaux participatifs). Qu'en est-il du projet des 100 locaux dont a bénéficié votre commune ? Nous avons lancé la 1ère tranche de 89 locaux à Melbou centre, la 2ème tranche de 60 locaux toujours à Melbou-centre démarrera dans les jours qui viennent. Un choix de terrain est fait à Tizi El Oued pour la réalisation de 30 locaux commerciaux, et nous espérons trouver une autre parcelle de terrain pour en construire d'autres. Le chômage est devenu l'ogre noir qui dévore la jeunesse, quelle est votre politique d'emploi ? En matière d'emploi, les projets qu'on est en train de réaliser créeront plusieurs postes d'emplois. A cela s'ajoute le dispositif «emplois de jeunes» qui occupe 50 jeunes. Il y a aussi les projets type (HIMO) qui absorbent une quantité assez importante d'emplois temporaires. Un projet de plantations forestières est en cours, il absorbera une trentaine de chômeurs. Ces projets sont loin de pouvoir régler la crise aiguë de l'emploi, notre ambition est de créer des emplois dignes stables et durables. Notre ambition se concrétisera avec le démarrage et le développement de la zone d'activités touristiques et industrielles. On vous laisse le soin de conclure Mr le maire On a beau travaillé jour et nuit, mais on ne pourra pas combler les manques de notre commune parce que le retard accumulé est important. Le développement local doit s'articuler sur des secteurs stratégiques, créateurs de richesses et d'emplois. Le bricolage ne garantira jamais l'avenir.
Samedi 23 Décembre 2006
Propos recueillis par Hafit Zaouche
publié par Hafit Zaouche dans: aokas




