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Mardi 21 Février 2006
Complexe d’infériorité
mardi 21 février 2006
Des journaux égyptiens et jordaniens empêchés de paraître, des journalistes - dont deux en Algérie - emprisonnés, des journalistes de la télévision algérienne virés, un prêtre chrétien assassiné en Turquie, deux ambassades à Damas et une autre à Beyrouth incendiées, des procès contre des journaux en France, des manifestations massives dans les pays musulmans et dans certaines villes d’Europe, le boycottage des produits danois : c’est le bilan provisoire des « caricatures danoises ». Ces réactions à de simples dessins, aussi gravement blasphématoires puissent-ils être perçus, sont disproportionnées. Nous sommes dans la démesure.

Le directeur d’un centre islamique de Malaisie, interrogé par Euronews, en concluait, après avoir émis ce constat d’évidence que « des dessins seront toujours des dessins », si « notre but avait été de donner une image archaïque de l’islam, nous ne nous y serions pas pris autrement.

Indépendamment de toutes les autres conséquences, cette affaire révèle, au fond, l’extrême vulnérabilité psychologique dans laquelle se trouve le monde musulman. Elle met en relief ce ressort d’une véritable paranoïa civilisationnelle : le sentiment d’être constamment agressé dans son nom propre !

Cette irascibilité qui part au quart de mot est le symptôme d’un déclin. Les civilisations qui se sentent bien dans leur peau se soucient fort peu du petit coup de griffe qui prétend bafouer ce qu’elles ont de plus sacré. Les peuples fragilisés, eux, n’ont pas les mêmes défenses immunitaires. Ils se laissent dominer par les plus extrémistes d’entre eux.

La configuration historique du monde, marquée par l’hégémonisme de ce que le poète palestinien Mahmoud Darwich appelle le « despotisme universel américain et des despotes locaux » exacerbe sans doute la porosité du monde musulman au complexe d’infériorité par rapport à l’Occident. L’arrogance et l’étalage insultant des richesses de ce dernier suffisent à fournir l’alibi aux pires réactions épidermiques des musulmans qui trouvent, en face, de quoi justifier des errements passéistes intrinsèques. La relation de répulsion/fascination que continue à inspirer l’Occident au monde musulman est au cour de la souffrance de

l’« Homme malade » qu’il est sans discontinuer depuis la chute de l’empire ottoman. Incapable d’accéder à sa propre histoire, il se voit contraint de n’exister en bien comme en mal que par rapport à l’Occident. Ce conflit chronique, alimenté aussi du côté occidental par des restes mentaux de « croisades », permet au monde musulman de s’absoudre de la responsabilité de toute action destructrice ou autodestructrice pour l’imputer à l’Occident.

« Notre problème, c’est que nous avons à traiter avec l’Occident à partir d’une position de faiblesse à la fois matérielle et psychologique. L’admirant avec excès, paralysés par notre complexe d’infériorité, nous avons cherché davantage à le singer en tout qu’à recueillir ses apports dans tel ou tel domaine », reconnaissait déjà en juillet 1990 le chef intégriste tunisien, Rachid Ghannouchi, dans un entretien à Jeune Afrique Plus.

Mais un complexe d’infériorité s’exprime toujours sous forme de complexe de supériorité. Lorsque dans l’émission « Ripostes » (La cinquième) du 12 février dernier, Fouad Alaoui, secrétaire général de l’Union des Organisations Islamiques de France (UIOF), explique à Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, ce qu’est la liberté d’_expression, nous surprenons ce complexe en flagrant délit de métamorphose. Le docteur Kazem Habib, un militant irakien des droits de l’homme, observe que « la plupart des imams des mosquées d’Europe » enseignent « la haine de l’Occident et des autres religions, parce qu’ils considèrent les Occidentaux comme des impies qui ne sont d’aucune utilité pour l’islam. Ils les voient comme des « parasites » dont il faut se débarrasser, ou qu’il faut convertir ». L’ennui avec cette supériorité proclamée, c’est qu’elle n’offre aucun site historique visible.

Du monde musulman, gouvernements cacochymes et groupes extrémistes confondus, il s’élève un cri étrange qui mêle « le mépris de la vie et l’amour de la mort, la haine de l’autre et la glorification de soi, le dédain de ce monde et (le culte) de l’au-delà ». Cette caractérisation de l’état dans lequel se trouve le monde musulman est exprimée par le chercheur irakien Madjed Al-Gharbaoui. Le rapport inégalitaire entre Occident et monde musulman suscite un repli identitaire de ce dernier ; même ses élites laïques sont sommées de rejoindre le troupeau. Les élites anti-impérialistes de jadis, celles qui se battaient pour la justice sociale, sont aujourd’hui perplexes.

Entre une liberté confondue avec l’éloge de l’Occident et la défense de leurs peuples gangrenés par l’intégrisme, leur cour balance, en fait, peu. Au mieux, on sort l’un des deux fers au feu. L’un est un discours à consommation externe qui surligne l’intérêt de la démocratie occidentale tout en mettant un bémol sur les excès xénophobes (et depuis peu, islamophobes) de leur système. L’autre discours, c’est l’alignement sans vergogne sur l’intégrisme au nom de la résistance à la domination de l’Occident sur le monde musulman. Ces intellectuels et politiques arabes sont la cible de la satire du savant et chroniqueur égyptien, Mamoun Fandy, ulcéré par leur hypocrisie devant le terrorisme. « En Egypte, il existe actuellement un groupe d’écrivains et de directeurs, et même de politiciens de plus de 50 ans, qui prennent du Viagra politique, entrent en état d’ivresse et d’excitation quand ils maudissent les Etats-Unis et applaudissent les terroristes ». Ces applaudissements sont l’incubateur de cette violence qui, un jour ou l’autre, se retournera contre eux.

L’affaire des caricatures montre ceci : l’intégrisme a vaincu la résistance laïque dans le monde musulman. Il s’agit aujourd’hui de sauvegarder la laïcité au niveau universel. Comment ne pas penser précisément à l’Algérie qui a été, pendant dix ans, un laboratoire sanglant, où les tests de résistance ont été menés par l’intégrisme ? La victimisation, grâce à laquelle l’intégrisme est arrivé à se faire entendre en Occident et avoir la préférence des gouvernants de ce dernier sur les démocrates, est restée productive. Elle sert encore dans ce débat sur les caricatures. Il faut que le monde musulman sorte de cette appréhension névrotique de l’Occident. Quant à ce dernier, si avec tout cela, il ne comprend toujours pas la différence expliquée au prix de leur vie par les démocrates des pays dits musulmans entre islam et islamisme, c’est qu’il confirme qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Arezki Metref

arezkimetref@yahoo.fr


publié par Hafit Zaouche dans: aokas
Mardi 21 Février 2006

Ali ATMANE, natif du Haut-Atlas marocain, a mis à profit sa période de détention, de 26 ans, après sa capture, en 1977, au cours du « conflit » algéro-marocain, pour essayer de mettre au point une grammaire pour la langue berbère, incluant toutes ses variantes.

Il vient de rendre public ses propositions, en les éditant dans un livre intitulé : « Grammaire de la langue berbère », Kabyle.com revient avec lui, dans cet entretien, sur sa vie, ses recherches et certaines de ses théories grammaticales.

Ali ATMANE

Kabyle.com : Pour commencer, parlez-nous de vous, présentez-vous à nos lecteurs ?

Ali ATMANE :Ali ATMANE, je suis Berbère originaire du Haut-Atlas au Maroc. En tant qu’ancien pilote de chasse, dans les forces aériennes marocaines, j’avais fait la guerre au Sahara, j’ai y été capturé, en 1977, suite à quoi, j’ai passé 26 ans en détention, en Algérie, dans les prisons de Blida, d’Alger, de Boufarik, de Boughar et dans les camps de Tindouf. Je n’ai retrouvé la liberté que le 1er septembre 2003.

Vous êtes sur le point d’éditer un livre intitulé « Grammaire de la langue berbère », pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit au juste ?

Dans mon livre intitulé « Grammaire de la langue berbère », j’essaie de mettre au point des règles grammaticales précises pour bien écrire le Berbère.

Comment êtes-vous arrivés à travailler dans ce domaine alors qu’il n’est pas le vôtre ?

Malgré ma formation de scientifique, j’ai toujours eu un penchant pour tout ce qui est littéraire, de plus, par amour pour ma langue maternelle, j’ai recherché, dans ma solitude en prison, le moyen de mieux comprendre ma langue pour mieux l’écrire.

Parlez-nous de la manière avec laquelle vous avez travaillé et effectué vos recherches ?

Dans une prison prés de Tindouf, un camarade prisonnier arabophone m’avait demandé, en 1985, de lui apprendre le Berbère. C’est à partir de ce moment-là que je me suis intéressé à la structure des mots et des phrases dans notre langue.

Combien de temps vous a-t-il fallut pour arriver à boucler votre ouvrage ?

Vingt ans de travail.

Vous affirmez, dans votre préface, que votre grammaire est applicable à toutes les variantes du Berbère (Kabyle, Rifain, Chleuh…), comment êtes-vous arrivés à cette conclusion ?

Je pense, effectivement, que ma grammaire est applicable à toutes les variantes du Berbère. La structure de la phrase en Kabyle, Rifain, Chleuh (…etc.) est la même, il n’y à que la prononciation et l’usage de certains mots qui diffère légèrement d’une région à une autre.

C’est pour cela aussi que je souhaite, vivement, travailler avec un groupe d’intellectuels représentant toutes les variantes du Berbère pour mettre au point un dictionnaire commun.

Le mot « Tamazight », vous le transcrivez « Ta Mazight », en quelque sorte, vous suggérez que le « Ta » joue le rôle d’un article isolé, par quoi ou comment pouvez-vous justifier cela ?

Le problème de l’article est bien étudié dans mon livre. Ceux qui refusent la séparation logique de l’article du nom ne veulent pas que le Berbère « redevienne » une véritable langue à part entière.

L’utilisation des caractères spéciaux, utilisés dans certaines langues européennes, notamment, ne vous convainc pas, pourquoi ?

De par sa structure, notre langue ne diffère en rien des langues européennes. C’est pour cela qu’il faut l’écrire avec l’alphabet latin.

A votre avis, quel alphabet devrait être, définitivement, adopté pour la transcription du Berbère ?

Les caractères latins.

Pouvez-vous nous dire sur quels critères l’alphabet Tifinagh se trouve-t-il disqualifié ?

Écrire notre langue en utilisant « Ti Finagh » (*), c’est, en quelque sorte, la mettre au musée.

Savez-vous qu’il existe, chez-nous, une autre personne, M. Lahcène Bahboub (Académie Ta Mazipt), qui a mis au point une grammaire assez proche de la vôtre ?

Ayant passé 26 ans en prison, sans aucune possibilité de lire, je n’ai donc pas eu l’honneur de connaître M. Lahcène Bahboub.

Votre grammaire contient-elle d’autres nouveautés (ou différences) par rapport à celle utilisée actuellement que vous pouvez citer ?

Mon livre apporte certainement du nouveau pour faire avancer la connaissance de notre langue.

Quand, votre ouvrage, sera-t-il disponible et où le sera-t-il ?

Mon livre est déjà disponible, il sera bientôt distribué en France notamment à travers votre site.

Si vous aviez à donner une définition du Berbère, vous diriez quoi ?

Le Berbère est une langue riche et structurée mais pas toujours comprise.

Un mot sur la situation de la langue berbère au Maroc ! Où en sont les choses ?

On ne peut pas parler de la situation du Berbère dans un pays donné, mais de la situation du Berbère tout court, qui reste assez inconfortable, je dois dire.

Qu’est-ce qui devrait être fait, selon vous, pour améliorer la situation du Berbère au Maroc et même en Afrique du Nord ?

Des groupes d’intellectuels, représentant toutes les variantes du Berbère, devraient, selon moi, se rencontrer et travailler ensemble, en synergie, pour donner à cette langue les moyens de se développer, des dictionnaires par exemple !

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure ?

Travailler pour savoir le maximum sur notre langue est notre devoir, celui qui arrive à un résultat doit communiquer son savoir aux autres et non le garder pour soi.

* Nous avons écrit « Ti Finagh », au lieu et place de « Tifinagh » pour respecter la pensée de M. Ali ATMANE.

Pour Kabyle.com – Rédaction Tizi Ouzou – 02 février 2006
Entretien et transcription : Djamel B. (Rédaction de Tizi Ouzou)


publié par Hafit Zaouche dans: aokas
Mardi 21 Février 2006

L’Association Culturelle et Sportive « Numidya » est une des rares associations qui active dans le domaine de la revendication identitaire amazighe en dehors de la Kabylie, ses membres son très bien motivés, à l’image de leur président qui en plus du fait d’être à la tête de cette association est aussi membre du Bureau Mondial du Congrès Mondial Amazigh (C.M.A.).

Mais ceci, ne lui vaut pas que des amis, la preuve, il est, depuis 2003, sous le coup de poursuites judiciaires qu’on peut qualifier, à juste titre, d’aberrantes. Il risque, en effet, d’être condamné à une année de prison et 20 000 D.A. d’amende, parce que des personnalités belges, qu’il a invitées à se rendre à Oran, pour des conférences, se sont rendues en Kabylie après l’annulation de ces activités.

Kabyle.com a voulu s’enquérir de cette affaire, il a rencontré, pour vous, M. Saïd ZAMOUCHE et s’est entretenu avec lui de la genèse des faits et de leurs tenants et aboutissants, voici ce qu’il nous a dit, nous vous laissons le soins de juger.

Saïd ZAMOUCHE

Kabyle.com : Avant toute chose, qui est Saïd ZAMOUCHE ?

Saïd ZAMOUCHE : Je vous remercie tout d’abord pour tout ce que vous faites et pour tous les efforts que vous fournissez afin que tous les Imazighen, particulièrement les Kabyles, soient informés de tout ce qui concerne leur région, leur langue et leur culture ancestrales.

Pour revenir à votre question, je suis un Kabyle oranais, je suis né en 1963 à Oran où j’y vis toujours. Comme tous les Kabyles d’Oran, j’ai toujours été un fervent supporteur de la J.S.K. (Jeunesse Sportive de Kabylie), depuis mon bas âge, ce qui m’a ouvert les yeux et permis de prendre conscience des injustices dont sont victimes nous les Imazighen où qu’ils soient, en général, particulièrement concernant leur langue et leur culture.

En 1979, nous nous sommes lancés, mes compagnons de lutte et moi, entre autres, je citerai Chaâbane Achouri et Djamel Benaouf, qui sont toujours parmi nous (dans l’association, NDLR), dans le Mouvement Culturel Berbère (M.C.B.).

Étant donné que nous vivons dans une région un peu hostile, nous étions contraints d’activer d’une manière implicite et c’est à partir de là que nous avons créé « Imnayen n Numidya » (Les cavaliers de la Numidie), une équipe de football qui a rassemblé beaucoup de Kabyles vivant à Oran, chose qui nous a permis de créer un cadre où nous discutions toutes les questions relatives à la revendication identitaire, tout en y distribuant différents tracts, des brochures, des petites publications, particulièrement l’alphabet amazigh.

En 1989, l’équipe est devenue un collectif culturel et sportif « Amazday Adelsan Anaddal Numidya », une année après, soit le 13 septembre 1990, les « Cavaliers de la Numidie » se réunissent en Assemblée Générale constituante pour donner naissance à l’Association Culturelle et Sportive Numidya où dont j’ai été élu président, une responsabilité qui m’incombe jusqu’à nos jours.

Je tiens juste à vous préciser qu’il a fallu attendre une année et 12 jours, et entreprendre démarches sur démarches, jusqu’à nous rendre au ministère de l’Intérieur, pour arracher l’agrément, tout cela à cause de cette expression qui figurait dans les statuts de l’association : « L’enseignement de Tamazight ».

Je suis également membre du Bureau Mondial du C.M.A. (Congrès Mondial Amazigh), depuis août 1999 (Congrès de Lyon), réélu en août 2002, au Congrès de Roubaix et, en 2005, au Congrès qui a eu lieu, pour la première fois, sur une terre amazighe, en l’occurrence à Nador, au Maroc.

Des poursuites judiciaires ont été enclenchées à votre encontre, que pouvez-vous nous en dire ?

Dans le cadre des activités de l’association, j’ai envoyé en 2003, des invitations à des personnalités belges (des parlementaires, des avocats et des universitaires) afin d’animer des conférences à Oran pour la journée du 24 octobre 2003, les services consulaires n’ont pas délivré les visas dans les délais souhaités, ils ne le seront que la veille de l’activité, c’est-à-dire le 23 octobre 2003.

Et comme vous le savez, pour organiser une activité quelconque, il faut déposer tout un dossier de demande d’autorisation, au moins 48 heures avant, aux services départementaux, étant donné que la confirmation des conférenciers faisait défaut, nous étions contraints d’annuler la conférence, les invités, eux, ont décidé de se rendre donc en Kabylie, en compagnie du président du C.M.A.

Racontez-nous la réalité des faits et qu’est-ce qui vous est, officiellement, reproché au juste ?

Au mois de novembre 2004, j’ai reçu deux convocations de la part des services des Renseignements Généraux (R.G.) pour subir deux interrogatoires. Un mois après, j’ai reçu deux autres convocations de la part de la Police Judiciaire où j’ai subi une autre fois, des interrogatoires terriblement serrés. Au mois de février 2005, j’ai reçu une convocation du juge d’instruction, ce dernier m’a fait subir, une fois de plus, un autre interrogatoire, pour conclure en me disant : « Vous êtes accusés d’escroquerie, de déclaration mensongère et de faux et usage de faux. »

Quels-sont, selon vous, les tenants et les aboutissants de cette affaire ?

Je crois que les choses sont claires, l’association est un cadre indésirable à Oran, d’autant plus qu’elle refuse d’être un bouc émissaire. Il est clair également qu’ils cherchent à déstabiliser les membres actifs de l’association. Il s’agit d’une machination qui veut étouffer toute voix de l’amazighité dans une région qui s’appelle l’Oranie.

Vous estimez-vous léser et victime d’une machination sans fondement légal ?

Absolument.

Quelle-est la sentence que vous risquez à l’issue de cette poursuite ?

J’étais déjà condamné, en première instance le 22 juin 2005, à une année de prison avec sursis et 20 000 D.A. d’amende. J’ai, tout de suite, interjeté un appel. Le 5 décembre 2005, je me suis présenté à la Cour d’appel. Une autre fois, le juge confirme le même verdict, à savoir, un an de prison avec sursis et 20 000 D.A. d’amende.

Des incidents regrettables ont entouré le premier procès qui s’est tenu le 5 décembre, pouvez-vous-nous en parler ?

Tout d’abord, tout le monde était surpris par l’acharnement du procureur qui a demandé deux ans de prisons ferme. Étant donné que le dossier était vide, d’un point de vue juridique, et après les questions et les plaidoiries des trois premiers avocats, en l’occurrence, maîtres Khemisti, Bensadek (barreau d’Oran) et Bouzetine (barreau de Paris), maître Hanoune (barreau de Tizi Ouzou) est revenu, une autre fois, à la charge avec une série de questions.

Le juge qui s’est senti gêné, a interrompu l’audience sans me donner même la parole. Une militante, parmi l’assistance, s’est levée pour dénoncer cet arbitraire. Le juge ordonna de l’arrêter. Les choses ont failli prendre une autre tournure si ce n’est la sagesse de maître Khemisti qui leur a bien expliqué les conséquences que pourraient engendrer une telle décision et qui a su calmer les esprits des militantes et militants surchauffés.

Vous avez interjeté un pourvoir en cassation suite au verdict de ce dernier, quand-est-ce qu’est programmé le nouveau procès et êtes-vous optimistes ?

Après consultation avec mes avocats et les membres de l’association, j’ai, tout de suite, décidé de me pourvoir en cassation, à partir du moment où je sais que je n’ai rien fait de mal, je resterai toujours optimiste.

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure ?

Je remercie Kabyle.com de m’avoir accordé cet entretien. Je vous souhaite beaucoup de courage. Je tiens également à rendre un vibrant hommage à toutes les personnes qui m’ont soutenu lors du procès. Et comme l’a bien dit Ferhat Imazighen Imoula :

« A wid i gh-ikerhen, (A ceux qui nous détestent)
Nekni s Imazighen, (Nous les Berbères)
Bdut targagit si tura. (Commencez à trembler dès maintenant)

Lehbus ur gh-zmiren (Les prisons ne nous contiendront pas)
D tikli-nnegh i yettghawalen (C’est l’allure de notre marche qu’elles dopent)
Wi iteddun ghef tidet yessawed. » (Celui qui œuvre pour la vérité réalise son objectif)

Note : La traduction du texte de la chanson de Ferhat Imazighen Imoula a été réalisée par la Rédaction, que l’auteur nous excuse s’il juge que le sens de ses mots n’a pas été complètement restitué.

Pour Kabyle.com – Rédaction de Tizi Ouzou – 16 février 2006
Entretien et transcription : Djamel B. (Rédaction de Tizi Ouzou)



publié par Hafit Zaouche dans: aokas
Mardi 21 Février 2006

Au bout de sept ans de recherche, le docteur SAÏBI, chercheur indépendant, affirme avoir abouti à des conclusions qui remettent en cause bien des théories et enseignement précédents en matière de langues et de linguistique.

Il affirme, que la langue amazighe « est la langue mère de toutes les langues », il compte rendre public le contenu de ses recherches et conclusions dans un avenir proche, mais il sait, déjà, que sa théorie sera lourde de sens.

Parce qu’il ne faut jamais condamner quelqu’un sans l’avoir entendu, Kabyle.com s’est rapproché du docteur SAÏBI et a eu avec lui l’entretien qui suit, dommage que, pour des raisons de confidentialité apparentes, il n’a pas pu aller au fond des choses.

Docteur SAÏBI

Kabyle.com : Pour commencer qui est M. SAÏBI ?

Dr SAÏBI : Je suis un Algérien demeurant en France depuis 1971, militant de la cause amazighe au sein de l’Académie Berbère, que j’ai co-dirigée, et réfugié politique depuis 1974 à nos jours.

Après une thèse de doctorat en sociologie, je me suis consacré, entre autre, à des recherches et à des études dans des domaines divers et variés : civilisations, langues, religions, mental humain et évidemment, au premier chef, je placerai l’amazighité.

Je suis aussi écrivain avec trois ouvrages publiés, conférencier, spécialiste en communication et sportif, de haut niveau, diplômé du Japon, j’ai participé, en qualité d’officiel et d’athlète, aux championnats méditerranéens de karaté, en 1977, et aux championnats du monde en 1980.

Pour finir, je suis inventeur, médaillé du concours « Lépine », mon nom est mentionné dans le livre mondial des inventions.

Vous venez de défrayer la chronique en annonçant une découverte révolutionnaire, parlez-nous-en ?

Comme vous l’avez appris effectivement l’annonce que Tamazight est la langue mère de toutes les langues ne peut que surprendre, choquer et enthousiasmer. Ceci s’explique, facilement, par le fait du statut pratiquement dégradant assigné à cette langue et culture depuis toujours.

Cette découverte est révolutionnaire par plusieurs aspects, je pourrai en citer plusieurs, comme le fait que la recherche scientifique n’a jamais abouti à identifier une langue mère, le fait que ce soit Tamazight, que ce soit la découverte d’un chercheur indépendant, que cela remette en question la domination de langues connues et reconnues... etc.

Comment êtes-vous arrivé à une telle découverte ?

Depuis l’âge de 17ans, Tamazight m’a, à la fois, occupé et préoccupé. Depuis 1971, je n’ai cessé de m’interroger, sans délaisser d’autres domaines de recherche, ce qui m’a certainement beaucoup aidé à aboutir à la découverte de la langue mère. A vrai dire, je n’avais pas posé comme hypothèse de départ d’aboutir à ce résultat, c’est progressivement que j’y suis arrivé.

Vos recherches ont-elles une base scientifique ?

Mes recherches sont fondées certes sur une démarche scientifique, puisqu’elles reposent, essentiellement, sur la sémantique et l’étymologie. Mais elles n’ont rien à avoir d’une démarche universitaire classique puisqu’elles ne profitent pas du tout du savoir universitaire classique, par exemple, je ne citerai (lors de la publication des recherches, NDLR) aucun nom de chercheurs ayant travaillé de près ou de loin la question.

Comment vos recherches se sont-elles déroulées et combien de temps ont-elles pris ?

Elles se sont étalées sur sept ans dans des conditions de santé catastrophiques, mais je peux avancer que c’est grâce à cette découverte, que je voulais mener à son terme, que j’ai peut-être pu survivre, car elles ont été, tout de même, commencées il y a fort longtemps !

Savez-vous qu’une telle affirmation remet en cause bien des enseignements et théories antérieures, n’avez-vous pas peur de vous attirer les foudres de certains linguistes, et êtes-vous prêt à les assumer ?

J’affirme certes, mais je démontre par la suite ce que j’affirme. Que cela remette en cause des enseignements et théories antérieures, c’est le propre de la recherche scientifique, que je sache !

Il est évident que cela en bousculera plus d’un pour plusieurs raisons que vous pouvez soupçonner aisément. Si je suis dans le vrai, c’est plutôt à cette catégorie de chercheurs d’assumer cette découverte.

Ce travail est-il le fruit d’un travail d’équipe ou est-il strictement personnel ?

La question m’a déjà été posée à maintes reprises, ceci est le travail d’une personne et parfois dans les pires difficultés qui puissent exister. Après tout et malgré cela, cette découverte n’a rien de sorcier, il suffisait de regarder les choses avec un oeil neuf, sans à priori, mais avec de la ténacité et beaucoup de convictions.

Peut-on savoir les motivations qui vous ont poussé à entreprendre ces recherches ?

La curiosité du chercheur, le fait que je sois Amazigh et convaincu de mon amazighité, mais la raison principale c’est la souffrance d’un peuple, nié dans son être, peuple dont je fais partie. La dimension atteinte par la question, devenue pratiquement planétaire, m’amène à penser que c’est aussi pour une cause qui concerne toute l’humanité, à laquelle j’appartiens aussi.

Historiquement, à quelle période situez-vous cet état d’unicité linguistique ?

Aujourd’hui on peut toujours parler d’unicité linguistique à l’échelle du monde car d’après le résultat de mes recherches, nous parlons, pratiquement tous, cette langue d’origine. Cette impression de divergence dans les langues n’est pas si ancienne que cela.

Il est difficile de la dater avec précision, plusieurs paramètres entrant en ligne de compte, comme le lien géographique, la civilisation développée, l’établissement de cultures dominantes, l’accent, le travail des spécialistes en histoire, en linguistique, en civilisation, l’éloignement des groupes humains les uns des autres et d’autres éléments encore ont contribué à forger des différences linguistiques rendant imperméable la communication.

Quand et comment comptez-vous rendre public le contenu de vos recherches et surtout de vos conclusions ?

Un livre est en préparation pour rendre public le résultat général de mes recherches. D’autres livres prendront le relais, je l’espère, qui détailleront quelques-unes des langues et cultures dominantes actuelles. Après la publication de mes recherches, j’attendrais que l’on me démontre que je fais fausse route.

Pour l’aboutissement de mes recherches dans les meilleures conditions, il y a nécessité d’un accompagnement financier, dans cette optique, je suis prêt à rencontrer toute personne qui serait intéressée par ce projet.

Je vous remercie chaleureusement pour l’intérêt que vous portez à mes recherches, votre soutien est très important, je l’apprécie beaucoup.

Pour Kabyle.com – Rédaction de Tizi Ouzou – 11 février 2006
Entretien et transcription : Djamel B. (Rédaction de Tizi Ouzou)


publié par Hafit Zaouche dans: aokas
Lundi 20 Février 2006
La question berbère : en finir avec l’hypocrisie

Toute personne ayant du sens et un esprit logique échappant à toute démagogie, admettra que la question berbère - à quelques exceptions prés - relève de la seule préoccupation des populations kabylophones. Sauf à vouloir se voiler la face, cela peut se vérifier dans le passé et le présent.

Nous n’insulterons pas l’avenir et dire qu’il en serait de même pour le futur.

Pour autant, a-t-on le droit de faire un procès d’intention aux algériennes et algériens qui ne croient pas en la justesse de cette revendication ?

Au nom de quoi et en vertu de quel mandat, les kabyles entendent-ils imposer leur vision des choses pour les algériens qui ne partagent pas leurs idées sur cette question et bien d’autres ?

N’est-il pas insultant et méprisant de se prétendre être la conscience de l’Algérie, ce qui laisse supposer que les non-kabylophones sont des inconscients ?

Qu’il en déplaise aux tenants d’un « algérianisme » à tout va, cette question concerne exclusivement les kabyles et à des degrés moindres, les chaouis et, peut-être, les mozabites et les touaregs.

Combien même cela pourrait être vrai, les motivations des uns et des autres ne convergent pas nécessairement.

Ces algériens que nous accusons de tous les maux pour cacher notre incapacité à aller au bout de nos idées, en les défendant et les mettant en pratique, sont cohérents avec eux-mêmes. On peut ne pas être d’accord avec eux, et c’est le cas. Mais si nous sommes, véritablement, pour la liberté des idées et des croyances de chacun, nous n’avons d’autres solutions que celles de respecter leurs choix. Aussi, nous entendons qu’ils fassent autant, s’agissant des nôtres.

De la même façon que nous nous sentons foncièrement berbères ou kabyles et c’est notre droit le plus absolus ; eux aussi (les autres algériens qui ne pensent pas comme nous quant à leurs origines) ont toute la latitude de croire en leur arabité, puisqu’ils le disent et le proclament solennellement.

Cette approche est le prix à consentir pour asseoir une cohabitation durable entre les uns et les autres. Toutes celles qui sont mises en avant, aujourd’hui, conduiront à terme, vers une confrontation dont les conséquences seront catastrophiques pour tous.

Ceux qui voient dans l’Algérie, un pays, indiscutablement arabe et les autres qui considèrent qu’il n’est rien d’autre que berbère, doivent s’inspirer de l’histoire toute récente qui a vu des unions, contre nature, se défaire et des liens authentiques, mais injustement brisés, se renouer.

Quand le divorce peut s’avérer inéluctable, autant choisir une formule amiable. Elle aura le mérite de limiter les retombées négatives.

Les kabyles, même s’ils refusent de l’avouer, sont conscients qu’ils sont frappés du sceau de la suspicion dans tout ce qu’ils proposent aux algériens. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Pour s’en convaincre, il suffit de se référer à l’histoire de notre pays.

Cependant, peut-il être autrement, dés lors que ce que nous proclamons comme étant nos valeurs est aux antipodes des croyances profondes de ceux qui doutent de notre loyauté à leur égard ?

Finalement, notre problème est nous-mêmes. Inutile de chercher des bouc-émissaires pour justifier nos divisions incessantes et nos luttes intestines.

Le moment est venu de cesser d’être ce serpent qui se mord la queue.

Les kabyles doivent faire leur mue s’il veulent atteindre leurs objectifs. Nous devons nous soumettre à un examen de conscience sans la moindre complaisance. Nous aurons à commencer par abattre toute une série de mythes et de vérités toutes faites que nous avons accolé à notre personnalité avec des attributs flatteurs dont les qualités restent à démontrer.

N’est-elle pas juste cette interrogation d’un de nos chanteurs émérites, lorsqu’il pose le problème de l’évocation de nos ancêtres, en poussant à l’excès leurs vertus. Il dit en substance :

Ancêtres de ce pays, nous savons que vous ne nous voyez point.

Nous vous invoquons sans savoir ce que vous êtes vraiment De vous nous attendons les clés, même si vous ne les aviez pas

Nous vous attribuons des faits qui n’ont pas eu lieu

Avec du vieux nous entendons faire du neuf

Absents, à tout prix, nous voulons vous ressusciter.

Ce qui est bon est en nous, de vous nous attendons notre salut.

A l’instar de tous les groupes humains, nous avons nos forces et nos faiblesses, nos qualités et nos faux, nos actes héroïques et nos forfaitures, ...etc.

Cessons de proclamer sans pudeur que nous sommes la crème de l’Algérie, que nous représentons l’intelligence, la vérité et que sais-je encore ?

Disons, plutôt que nous sommes, à la fois tout cela et son contraire. En somme, nous ne sommes que des êtres humains semblables à tous les autres et différents à la fois.

L’édifice que nous voulons ériger doit avoir pour fondations des questionnements sur nous-mêmes, notre réalité d’hier et d’aujourd’hui, ainsi que notre devenir.

Une bonne fois pour toute, nous devrions dépasser nos atermoiements. Si nous sommes cohérents dans ce que nous voulons, les choses auront le mérite d’être claires. Ainsi, les autres comprendront nos combats et à défaut d’être avec nous, ils saisiront, au moins, la pertinence et la justesse de notre cause et son caractère juste.

Comme ces autres algériens qui se proclament arabes, à notre tour et sans faux-fuyant d’affirmer notre kabylité puisque nous ne cessons pas de dire le contraire de ce qu’ils entonnent et de nous y opposer. Faute de quoi, personne ne comprendra nos oppositions incessantes à toutes choses.

En observateurs courageux, nous devrions faire l’amer constat de notre réalité qui n’est pas du tout enviable. Ainsi depuis l’avènement de ce qui est convenu d’appeler « l’ouverture démocratique du champ politique en Algérie », la Kabylie ne fait que subir les contre-coups de « cette démocratisation ».

D’aucuns vous diront qu’elle n’a jamais connu d’aussi profondes divisions.

Souvent, elle a été le modèle de la cohésion , de la tolérance, de la solidarité, de la justice et du dépassement de soi. L’intérêt général l’a souvent emporté sur les calculs étroits et égoïstes. N’est-ce pas, grâce à toutes ces valeurs, tous ses orphelins de pères absents ou décédés, ses veuves d’époux morts au combat ou engloutis en exil, ont vécu en toute sécurité sous « l’âanaya n tudrine ».

Que voit-on actuellement ? Un spectacle désolant, pitoyable.

La Kabylie est devenue, aujourd’hui, le lieu par excellence, de luttes mesquines et déchirements entre des gens, qu’hier tout unissait.

Depuis 1989, toutes les causes qui peuvent constituer le ciment de nos rangs n’ont fait qu’accentuer nos divisions. Hier le FFS, le RCD et les MCB, aujourd’hui les Aarchs et les Autonomistes. Chacun va de sa vérité et la Vérité s’est égarée.

Est-ce notre vérité ?

Si nous persistons dans cette voie où l’invective et l’anathème prévalent sur la lucidité et l’intelligence, il est fort à craindre que la réponse à cette interrogation risque d’être affirmative.

Pour autant, faut-il céder au défaitisme et à la fatalité des choses ? Indiscutablement, non.

Si nous prenons conscience, individuellement et surtout collectivement de nos divisions, qui ne sont, en fait, que des contradictions, les chances du renouveau kabyle restent intactes.

Au delà des ambitions individuelles éphémères et qui ne résisteront pas à l’épreuve de la vérité, il existe un projet commun à construire et qui s’appelle la nation et le peuple kabyles. En admettant que les deux (nation et peuple) n’existent pas aujourd’hui selon l’acception de ces deux concepts, tous les facteurs qui concourent à leur construction ne relèvent aucunement d’une utopie.

La Kabylie, comme nation et peuple, omniprésente dans l’esprit et le cœur de chacun, doit devenir aujourd’hui une aspiration et un destin collectifs. Il est temps de sortir de ces sentiers battus, où sous forme d’incantation et de litanie incessantes nous dissertons, chacun à sa façon, sur la Kabylie et de la kabylité, mais sans jamais oser donner du sens à toutes ses affirmations. C’est, en quelque sorte, du défoulement et rien d’autre.

Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes face à l’épreuve de notre destin. Nous devons nous y soumettre avec courage et détermination en vue d’une réussite assurée.

Elle s’appelle l’autonomie de la kabylie. Et avec bonheur, elle est devenue la préoccupation de toutes et tous. Même si les esprits malveillants nourrissent la peur autour de la question, elle soulève, néanmoins, d’immenses espoirs chez tous ceux qui ont une profonde foi dans leur kabylité.

Certes, le chemin à parcourir peut être semé d’embûches, mais il vaut toutes les peines d’être suivi puisqu’il mène vers l’ultime destination.

Il y aura, aussi, de fortes résistances à ce projet qu’il faut commencer à traduire dans les faits, tant il met en péril tout un système politique basé sur le déni de droit et de justice.

Cette autonomie de la Kabylie, mais aussi d’autres régions qui la veulent, est la seule alternative à un régime qui tire ses fondements d’une culture politique négationniste, s’inspirant, elle-même, de croyances immuables : une seule religion, un seul dieu, un seul prophète, une seule vérité, une seule langue, une seule race et un seul monde ; c’est à dire l’islam, Allah, Mohammed, le coran, la langue arabe ,le peuple arabe et le monde arabe. Ceci au mépris de tous les autres.

L’autonomie de la Kabylie ne se fera pas contre autrui, mais pour la Kabylie et son peuple. Si des algériens croient en la justesse de cette autre idée de faire l’Algérie, nous ne pourrions que nous en féliciter. Sinon, nous aurons en commun l’Algérie qui sera notre maison à tous.

Défendons notre maison commune qu’est l’Algérie. A chacun, ensuite, de faire sa cuisine comme il l’entend, mais dans le respect de l’autre.

De la même façon, la question de tamazight que d’aucuns prétendent qu ‘elle est le bien de tous nos compatriotes, quelle en advienne et personne ne pourra les en priver.

Mais, si dans un cas comme dans l’autres, ces algériens ne partagent pas notre vision des choses, c’est leur droit le plus absolu et nous les respectons. Nous leur demanderons, à notre tour, de nous respecter dans ce que nous sommes et ce vers quoi nous aspirons .

Le projet d’autonomie de la Kabylie constitue, indiscutablement, la parade contre une confrontation avec le pouvoir central algérien.

Réussir ce projet en Kabylie peut ouvrir de larges perspectives pour l’Algérie.

Cependant, il faut dire aux kabyles, qui, à chaque fois qu’ils veulent défendre leur droits spécifiques s’érigent en tuteurs du reste des algériens, cette stratégie est vouée à l’échec. Les algériens de l’Est, de l’Ouest, du Sud et d’ailleurs sont suffisamment mûres pour savoir où se trouvent leurs intérêts respectifs.

Admettons notre statut de minorité linguistique et défendons nos droits, tout en cessant de se comporter comme si nos vues sont partagées par l ‘immense majorité d’algériennes et algériens. Rompons avec cette tentation de vouloir les imposer aux autres tout en se nourrissant d’un certain esprit messianique, d’où viendrait le salut de tous les algériens.

Comme tels (minoritaires), le schémas d’un Etat centralisé n’offre aucune issue aux groupes minoritaires. Dans un tel contexte et quelque soit le degré de la démocratie qui y règne, une fois que la majorité s’est prononcée, la minorité n’aura qu’à se conformer aux choix approuvés par celle-ci. En revanche, seul un système basé sur le principe de l’autonomie des communautés, donc la reconnaissance des spécificités de chacune d’elle est à même de résoudre l’équation kabyle.

Gageons que ce triste troisième anniversaire du printemps noir de Kabylie sera annonciateur de lendemains prometteurs pour la Kabylie et, pourquoi pas, pour le reste de l’Algérie.

A. Nat Zikki

  

publié par Hafit Zaouche dans: aokas
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